La médiation en question

La médiation en question

Le projet de sauvetage des vestiges du vieux Montlaux est motivé par l’impératif de la transmission : il est important qu’on se souvienne de ce temps où l’on vivait là-haut, où l’on travaillait, mangeait, dormait… et même où l’on dansait. C’était une autre époque, celle de gens comme nous mais confrontés à des usages et à des enjeux aujourd’hui disparus.

La démarche s’est construite sur cette idée. Il fallait préserver ce lieu de mémoire avant qu’il ne s’efface, pour ensuite proposer cette mémoire à nos contemporains doués de la plus élémentaire curiosité. Dès lors, deux chantiers se dessinaient : les travaux d’architecture et de maçonnerie pour stopper l’érosion des vestiges et les rendre plus lisibles, d’une part, et d’autre part le développement d’un discours pédagogique et documentaire offrant aux visiteurs une certaine lisibilité du site au fil de son parcours.

Ce type de propos et son articulation dans le contexte d’une visite sont ce qu’on nomme aujourd’hui, sur des lieux de culture, la « médiation ». C’est une sorte de récit faisant le lien entre l’expérience individuelle du visiteur et la proposition culturelle de l’endroit. Dit plus simplement, il s’agissait en quelque sorte de raconter le vieux Montlaux médiéval dont les pierres, les rues, les murs et les bâtiments à vocations diverses témoignent encore.

C’est dans cet esprit que le projet de médiation du vieux Montlaux a été abordé, confronté d’entrée de jeu aux contraintes habituelles pour ce type d’entreprise : à la fois les moyens disponibles (ressources humaines et financières, calendrier…) et une donnée plus difficile à apprécier qu’est la disponibilité du visiteur. En effet, une médiation efficace doit prendre en compte la capacité et l’envie du public de s’attarder aux contenus proposés (sachant qu’il s’agira forcément d’une estimation moyenne), au risque sinon que ceux-ci ne soient pas ou peu consultés.

La réflexion issue de cette problématique aboutit à un parcours de sept panneaux explicatifs, chacun constitué d’un texte en français, de son résumé en anglais, de visuels et du rappel graphique du parcours. Ces panneaux sont grands tout en restant appréhendables, invitant à la lecture sans décourager le visiteur. Ils sont aussi disposés de manière à accommoder les visiteurs grands et petits. Enfin des codes graphiques permettent d’accéder par smartphone à la lecture audio du texte, pour les malvoyants notamment, ainsi qu’à des compléments pour approfondir les sujets au-delà du document.

Plan du parcours de médiation
Plan du parcours de médiation

Afin d’ajouter à cette dimension pédagogique un ensemble de cinq illustrations a été produit dans le but d’aider le visiteur à imaginer ce lieu en ruine comme l’espace de vie qu’il était, habité par quantité de villageois occupés à leurs activités quotidiennes. Les illustrations sont réparties sur le parcours et deux d’entre elles sont fixées sur support transparent afin de faciliter le rapprochement avec les vestiges existants.

Pour documenter l’environnement naturel du site, il a aussi été décidé de disposer sur la montée au village des panneaux sur la faune, la flore et la géologie du lieu, qui participent de son identité.

Enfin, une maquette physique est accessible dans l’espace au bas de la tour pour donner une représentation globale du village.

Le contenu des panneaux, leurs compléments et les illustrations sont intégralement accessibles depuis le site Web de Montlaux, auquel ce texte est destiné, afin que les visiteurs distants aient aussi accès à cette œuvre de mémoire.

Camille Feller, maire de Montlaux, le 15 novembre 2025

La visite commence par le sujet sur la faune, au chapitre de l’environnement. L’arborescence complète de la visite apparaît au bas de chaque page, et chaque panneau de médiation permet d’accéder aux panneaux précédent et suivant.

Visite du vieux Montlaux