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Le quartier du bas
Les maisons, distribuées de part et d’autre d’une rue dont la largeur est bien visible, sont nichées sur le replat d’un adret dominant la rivière (le Valat de la Baume). Au 20e siècle, le vallon était encore complètement cultivé en terrasses jusqu’au cours d’eau. Sur le flanc de coteau, les murs de terrasses témoignent du patient travail des hommes qui ont façonné le relief en cultivant de petites parcelles, même au-delà des vestiges du rempart. La culture en terrasses est rare dans le canton. Elle permet de cultiver sur des reliefs escarpés soumis aux précipitations du climat méditerranéen.
Une architecture modeste
Les bâtisses, d’un ou deux niveaux dans ce quartier, avec une cour ou un jardin clos, sont construites avec le calcaire local du Crétacé. Leurs murs sont minces et sont liés par un mortier de chaux de qualité médiocre. La pierre de taille est uniquement présente dans quelques structures précises : porte, baie, escalier, appui de plancher. On note dans les ruines l’absence de morceaux de tuiles. Est-ce que les habitants les ont emportées avec eux ou les pilleurs sont-ils venus les récupérer ? La faible épaisseur des murs exclut l’usage de couvertures en lauzes : les murs n’auraient pu supporter la charge.
Ces constructions sont beaucoup plus modestes que celles qu’on trouve au-dessus : moins hautes et moins bien bâties. Ce quartier semble le plus récent, le village s’étant construit du haut (motte castrale) vers le bas. En 2018 ce quartier était totalement enseveli sous la végétation. Étant donné la difficulté d’accès pour un véhicule, il n’y a pas eu ici de démolition au tractopelle.
Les murs de soutènement en pierre sèche permettent de retenir le terrain tout en laissant passer l’eau. Derrière le parement, consolidé par des boutisses, se trouvent les cailloutis servant de drains. Par fruit, on entend la légère inclinaison ou pente qui est donnée au parement d’un mur de façon que celui-ci soit non pas strictement vertical mais d’épaisseur décroissante de la base au sommet.
Les terrasses ou faïsses désignent des bandes de terre soutenues par un mur en pierre sèche : le paret ou restanque. Les hauteur et largeur dépendent de la pente. Leur construction permet d’approfondir et de retenir artificiellement le sol, de canaliser l’écoulement des eaux, d’améliorer l’infiltration et de constituer des réserves d’humidité. La culture en terrasse est un système d’exploitation agricole rare dans le canton. Il permet de cultiver sur des reliefs escarpés soumis aux précipitations du climat méditerranéen.
Les habitants
Les bâtisses abritaient une population de paysans, possédant peu de terres et seulement un maigre cheptel. Les hommes, le bétail, les outils et les récoltes cohabitaient dans un espace réduit. La fin des guerres de religion, puis de la monarchie et de l’assujettissement au seigneur, ainsi que l’apparition de la propriété privée et les défrichements dans la plaine, ont accéléré le déperchement. Ce n’est pas ici le manque d’eau ou la peste qui ont poussé les villageois à migrer mais la difficulté d’accès au village, évoquée à chaque conseil municipal dès la révolution. Cela fut rendu possible quand les habitants réussirent à faire construire une nouvelle église dans la plaine.

Les Moularains sont progressivement descendus, dans l’espoir d’une vie meilleure. L’église, l’école et la mairie furent installées au hameau des « Jacquons », devenu ensuite « Jacons » en 1830 et jusqu’à ce jour. Sur les cartes dès 1900, le village s’appelle le « vieux Montlaux ». Les derniers habitants ont quitté le village peu avant 1910. En Haute Provence, la plupart des villages perchés, aujourd’hui en ruine, a connu le même phénomène d’exode au début du 20e siècle, mais d’autres bien avant.

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Compléments
Démographie et dynamique du village
Ce diagramme illustre la décroissance progressive de la population à partir du 19e siècle ainsi que la période actuelle qui montre un nouvel apport de population
Le déperchement
Les causes de l’abandon du village ont souvent été romancées. Pourtant, les archives communales apportent un éclairage très clair : dès l’Ancien Régime, puis après la Révolution, les procès-verbaux du conseil expriment régulièrement la volonté de quitter le site perché, jugé difficile d’accès, surtout en hiver.
L’enjeu principal était la construction d’une église dans la plaine. Le projet débute en 1828, mais le déperchement n’est effectif qu’à partir de 1840, lorsque la commune loue un bâtiment au hameau des Jacquons pour y installer mairie et école. Le hameau, devenu Jacons en 1830, n’étant pas central dans la commune, une seconde école dut être ouverte au hameau de La Colle, au sud. Ainsi, pendant quarante ans, Montlaux a fonctionné avec deux établissements scolaires.
Le village pendant la Seconde Guerre mondiale
Les caves du vieux Montlaux furent utilisées comme refuges par de jeunes hommes cherchant à échapper au Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne. La commune, très durement touchée lors de la Première Guerre mondiale, refusait de voir une nouvelle génération partir.
Le territoire fut également marqué par l’action de la Résistance : des « Justes » y cachèrent une famille juive, celle d’un médecin de Neuilly, à la ferme du Colomblanc ; plusieurs parachutages alliés eurent lieu à environ 500 mètres au-dessus du village, sur la combe des Guérins.
L’accès à l’eau
L’approvisionnement en eau s’effectuait par le chemin de la Fontaine, en contrebas du quartier bas. Les habitants devaient sortir du village par la porte des Rollands, franchir les remparts puis rejoindre la source à découvert.
Travaux récents et restauration
Avant les interventions, tout le quartier était enfoui sous la végétation. Une entreprise spécialisée a consolidé les élévations maçonnées. Les bénévoles ont réalisé un travail considérable de remise en état des murs en pierre sèche.
Ces images donnent la mesure des énormes travaux des bénévoles dans ce quartier. Le travail de la pierre sèche est caractéristique de la région.
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Visite du vieux Montlaux
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- La médiation en question
- L’environnement
- Le parcours de médiation
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