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Les remparts
Une muraille encerclait le castrum (village) pour le protéger alors que son perchement sur l’éperon rocheux, entouré de deux cours d’eau, constituait déjà une défense naturelle. Il est commun en Provence au Moyen-Âge, de bâtir des fortifications autour du village. Les murailles sont une réponse adaptée à l’état d’insécurité dans lequel vivent les populations. Elles concrétisent la fonction du pouvoir seigneurial, garant de la sécurité de ses sujets à l’intérieur de cet espace clos. Les remparts mesuraient 400 m de long, jusqu’à 6 m de haut et 1,5 m d’épaisseur, encerclant 1,5 hectares. Il y avait trois portes. Un fossé sec est marqué à ses pieds.
Situation
Le rempart ouest, devant vous, donne à voir un escalier qui conduit au chemin de ronde aménagé sur sa face interne, ce qui est rare pour des remparts abandonnés depuis des siècles. On suit ensuite ce rempart de manière discontinue sur les bords ouest et nord de l’éperon, là où Il n’a pas été emporté par des glissements de terrain.
À l’est et au sud, une grande partie des remparts a servi de carrière pour les villageois et même au 20e siècle, ils faisaient rouler les pierres directement sur le chemin d’accès. Il reste des pans de petite taille de rempart visible.
Architecture
L’appareillage est soigné. Les blocs de calcaire taillés en moellons réguliers sont jointoyés avec un mortier de chaux de qualité. Cet appareil devait offrir un parement sans aspérité sans quoi il aurait été facile de l’escalader. Ces murailles solidement bâties ont résisté à l’épreuve du temps mieux que les maisons construites plusieurs siècles plus tard.
Fonctions
Les remparts assuraient une fonction défensive mais permettaient également le contrôle des marchandises sur lesquelles des taxes étaient perçues par les seigneurs. Ils remplissaient une fonction symbolique importante visant à afficher la puissance du maître des lieux en marquant un repère dans le paysage. Dès la fin de la Renaissance, les méthodes militaires changent. Les progrès de l’artillerie et le fait que les guerres ne se font plus de façon statique aux pieds des remparts les rendent inutiles. Dès lors, ils ne sont plus entretenus. À partir du 16e siècle, ils servent de « carrière » : on en récupérait les pierres pour d’autres usages.
Travaux récents
Des travaux ont eu lieu en 2025 pour stabiliser quelques tronçons et sauvegarder l’escalier montant en haut du rempart ouest.

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Compléments
Les remparts du vieux Montlaux
Perché sur un éperon rocheux dominant la vallée du Lauzon, le site médiéval de Montlaux contrôlait anciennement les voies reliant Sisteron à Forcalquier. L’enceinte fortifiée dont subsistent aujourd’hui plusieurs pans illustre le rôle défensif essentiel de ces murs, ainsi que la fonction symbolique qu’ils exerçaient dans l’organisation seigneuriale du Moyen Âge.
Architecture et datation
Des études menées récemment, notamment des analyses radiocarbone, situent la construction du rempart autour de l’an 1300, avec une marge d’environ un demi-siècle. L’enceinte suit les lignes de crête de l’éperon et présente, à certains endroits, une hauteur importante. Elle était autrefois renforcée par des tours, dont certaines de plan semi-circulaire. À l’extérieur, un fossé, naturel ou entaillé dans la roche, complétait le dispositif défensif. Deux portes donnaient accès au village fortifié.
Rôle historique
L’enceinte traduisait la nécessité de protection dans un contexte marqué par l’insécurité. Elle délimitait un espace habité regroupant les maisons, les rues et les principaux bâtiments du village. À partir des 15-16e siècles, avec l’amélioration des conditions de vie et le déplacement progressif de l’habitat vers la plaine, le site perché perd son utilité quotidienne et est progressivement abandonné.
État présent, conservation et menaces
Plusieurs tronçons de remparts, des ruines d’habitations, une tour et l’église Saint-Jacques-et-Saint-Christophe demeurent visibles. Certains murs présentent des désordres liés à l’érosion, à la végétation et aux mouvements du terrain. L’acquisition du site par la commune a permis d’engager des opérations de consolidation et de restauration. Plusieurs interventions ont été menées sur l’église, la tour et le rempart nord, et d’autres actions de valorisation et d’étude sont en cours avec le soutien de partenaires institutionnels.
Signification patrimoniale
Les remparts constituent un témoignage matériel de l’organisation médiévale et des modes de protection des communautés rurales. Ils participent aujourd’hui à l’identité du village et s’inscrivent dans une démarche de mise en valeur culturelle et patrimoniale. Leur restauration contribue à la transmission de ce patrimoine et à la compréhension de l’architecture défensive des villages perchés.
Évolution militaire
Conçus pour résister aux assauts médiévaux, les remparts bâtis vers 1300 deviennent rapidement dépassés avec l’apparition de l’artillerie à poudre au 15e siècle. Les murs hauts et relativement fins des sites perchés se révèlent vulnérables aux tirs des premiers canons. Ces évolutions expliquent en partie la perte d’intérêt stratégique de ces enceintes et leur abandon progressif.
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Visite du vieux Montlaux
- La médiation en question
- L’environnement
- Le parcours de médiation
- Galerie des illustrations



















